Pour les vacances, le chéri, les enfants et moi avons mis les bouts vers les côtes italiennes juste avant le rush de juillet. Et profité pour la dernière fois du hors-saison, de ses plages vides et de ses prix planchers. Comme notre aîné commence l’école enfantine, nous sommes en effet condamnés dès les prochaines vacances – et pour les dix prochaines années - à partir en même temps que «le troupeau», comme disent avec mépris les DINK (Double Income No Kids). «Le troupeau» étant, vous l’aurez compris, ces femmes et ces hommes que la société et l’économie s’acharnent à punir d’avoir fait des enfants en les entassant dans des bouchons autoroutiers et en les rackettant.
Comme nos bambins ont roupillé tous les jours jusqu’à 11 heures, nos vacances ont pris des allures d’éblouissante réussite. Notre secret? La méthode du jet lag, qui devrait figurer dans tous les manuels de puériculture en tant que sésame de la grasse mat. Jet-laguer un enfant est assez simple, il suffit de lui interdire au moins deux soirs de suite d’aller se coucher avant 22 heures. Et s’il a besoin de soutien, ne pas hésiter, céder à tous ses caprices, le gaver de gelati...
Après deux jours de ce régime, il est bien décalé, dort ferme et vous aussi. En plus, votre estime de soi fait un bon colossal. Parce que réussir à faire dormir ses enfants jusqu’à 11 heures, cela permet de se sentir aussi fortiches que les DINK. Et de croire de nouveau à des assertions illusoires du genre: «On peut très bien avoir des enfants sans devenir leur esclave.»
30 août 2005
29 juin 2005
A nous l'été!
Il faut s’y résoudre, l’été est définitivement là. Et avec lui, l’obligation pour les femmes de clamer «C’est super ce soleil! Moi, j’adore la chaleur! Et puis ça fait un bien d’enlever toutes ces couches, de respirer, quoi!» Obligation, parce que celle qui n’affiche pas régulièrement son enthousiasme estivophile finit forcément par passer pour une rabat-joie en voie de mémétude.
Et c’est bien connu: seules celles qui exhibent hédonistement leur corps (spontanément ferme et hâlé of course) rayonnent de joie de vivre. «Etre bien», c’est «revivre» sous les canicules, «se régaler» de crudités et de séré maigre… L’équilibre, quoi. Voilà pour le mythe. Moi, je fais partie de celles qui n’ont rien contre l’hiver – surtout vu sous l’angle de ses plats délicieusement riches. Et l’été, je pourrais même aimer si on voulait bien lâcher les chlappettes à mon sexe. Car pour les femmes, la belle saison est juste une suite d’injonctions subliminales du genre «Traque le bourrelet qui est en toi!» ou «Humilie-toi dans ce bikini qui te boudine!»
Alors que l’été pourrait être une saison merveilleuse. Il suffirait de troquer le lycra qui fait suer contre une chose maxi-aérée genre tunique XXL, de rester vautrée au frais sous les arbres et de se taper voluptueusement de grosses caipirinhas avec des bols entiers de pistaches au sel. On cesserait de se sentir saucisse, on s’aimerait comme on est, ni hâlée ni ferme. Ça, ce serait l’équilibre, non?
Les filles, c’est à nous: il reste six semaines pour transcender le bikini et réinventer l’été.
Et c’est bien connu: seules celles qui exhibent hédonistement leur corps (spontanément ferme et hâlé of course) rayonnent de joie de vivre. «Etre bien», c’est «revivre» sous les canicules, «se régaler» de crudités et de séré maigre… L’équilibre, quoi. Voilà pour le mythe. Moi, je fais partie de celles qui n’ont rien contre l’hiver – surtout vu sous l’angle de ses plats délicieusement riches. Et l’été, je pourrais même aimer si on voulait bien lâcher les chlappettes à mon sexe. Car pour les femmes, la belle saison est juste une suite d’injonctions subliminales du genre «Traque le bourrelet qui est en toi!» ou «Humilie-toi dans ce bikini qui te boudine!»
Alors que l’été pourrait être une saison merveilleuse. Il suffirait de troquer le lycra qui fait suer contre une chose maxi-aérée genre tunique XXL, de rester vautrée au frais sous les arbres et de se taper voluptueusement de grosses caipirinhas avec des bols entiers de pistaches au sel. On cesserait de se sentir saucisse, on s’aimerait comme on est, ni hâlée ni ferme. Ça, ce serait l’équilibre, non?
Les filles, c’est à nous: il reste six semaines pour transcender le bikini et réinventer l’été.
22 juin 2005
Savoir s'y prendre
Cora traverse une phase euphorique. Sa fille Tessa a 6 mois, fait ses nuits, sourit au monde entier, goûte avec enthousiasme aux purées de légumes et joue seule en gazouillant sur son tapis d’éveil quand sa maman papote avec les copines. Un vrai bébé modèle.En fait, Cora a un bol d’enfer. Mais elle est convaincue que si ça se passe aussi bien, c’est avant tout grâce à elle. Parce qu’elle, elle sait s’y prendre.
Cora évoque ainsi régulièrement «ces gosses qui vous interrompent sans arrêt et balancent tout par terre parce que leurs parents ne savent pas poser de limites». Mais elle omet de mentionner la seule véritable différence qu’il y a entre sa fille et «ces gosses»: 12 mois. Car à l’inverse de sa fille, «ces gosses» sont déjà capables de se mouvoir. Seuls. Et d'enclencher la guirlande de catastrophes qui va avec. Mais pour Cora, l’idée d’un bébé qui quitte seul son tapis d’éveil est aussi abstraite que la théorie des cordes. Et elle refuse de croire que bientôt, il ne suffira plus de dire «Oooh, mais regarde plutôt le joli maracas! Tsk tsk tsk!» pour avoir la paix.
Alors bien sûr, quand je raconte à Cora que mes enfants jouaient eux aussi paisiblement sur un tapis d’éveil à l’âge de 6 mois, je lis dans son regard: «Donc ma vieille, c’est que tu as dû entre-temps te planter quelque part.» Evidemment, je ricane intérieurement et me réjouis de reprendre cette conversation dans un an, quand l’adorable bébé aura découvert la marche et l’opposition.
Mais je dois admettre que l’hypothèse me traverse parfois l’esprit.
Cora évoque ainsi régulièrement «ces gosses qui vous interrompent sans arrêt et balancent tout par terre parce que leurs parents ne savent pas poser de limites». Mais elle omet de mentionner la seule véritable différence qu’il y a entre sa fille et «ces gosses»: 12 mois. Car à l’inverse de sa fille, «ces gosses» sont déjà capables de se mouvoir. Seuls. Et d'enclencher la guirlande de catastrophes qui va avec. Mais pour Cora, l’idée d’un bébé qui quitte seul son tapis d’éveil est aussi abstraite que la théorie des cordes. Et elle refuse de croire que bientôt, il ne suffira plus de dire «Oooh, mais regarde plutôt le joli maracas! Tsk tsk tsk!» pour avoir la paix.
Alors bien sûr, quand je raconte à Cora que mes enfants jouaient eux aussi paisiblement sur un tapis d’éveil à l’âge de 6 mois, je lis dans son regard: «Donc ma vieille, c’est que tu as dû entre-temps te planter quelque part.» Evidemment, je ricane intérieurement et me réjouis de reprendre cette conversation dans un an, quand l’adorable bébé aura découvert la marche et l’opposition.
Mais je dois admettre que l’hypothèse me traverse parfois l’esprit.
15 juin 2005
Pinard ou café?
Pour la première fois de sa vie, Lumi est fatiguée par un bébé à venir. «J’ai juste la force de me goinfrer de glaces et j’ai pris huit kilos en dix jours», m’a-t-elle confié l’autre jour en se servant son douzième mug de café de la journée. Je lui ai dit alors que ce qu’il y a de bien, quand on mesure 1 mètre 85 comme elle, c’est que ça ne se voit pas. Ragaillardie, elle nous a mis une nouvelle cafetière en route et pioché deux cornets dans son congélo.«Lumi est l’être au monde qui boit le plus de café», dit volontiers Sean. C’est ce que dit aussi son gynécologue et il le lui reproche. Lumi trouve ça «révoltant». «Sutout, souligne-t-elle, quand je vois ces Suissesses qui se descendent du blanc pendant leur grossesse avec la quasi-bénédiction du corps médical.»
En fait, d’Helsinki à l’Helvétie, les femmes savent que le pinard et le café sont des ennemis des bébés qui poussent. Pourtant, Lumi et moi avons relevé que chaque culture coupe la poire en deux à sa manière. Ici, un nombre écrasant de femmes enceintes trouvent spontanément le café répugnant mais lèvent volontiers le coude à l’apéro. Lumi, elle, c’est l’idée du ballon de rouge qui la révulse, alors que l’odeur de son grand noir la ramène à la vie.
Mais heureusement, il y a la glace: un met merveilleux et réconciliateur autour duquel les futures mères se retrouvent toutes latitudes confondues. Et qui à l’inverse du café ou du Mont-sur-Rolle, n’a été mis à l’index que par les diététiciennes. Or là, je pense comme Lumi: leur avis ne compte pas.
En fait, d’Helsinki à l’Helvétie, les femmes savent que le pinard et le café sont des ennemis des bébés qui poussent. Pourtant, Lumi et moi avons relevé que chaque culture coupe la poire en deux à sa manière. Ici, un nombre écrasant de femmes enceintes trouvent spontanément le café répugnant mais lèvent volontiers le coude à l’apéro. Lumi, elle, c’est l’idée du ballon de rouge qui la révulse, alors que l’odeur de son grand noir la ramène à la vie.
Mais heureusement, il y a la glace: un met merveilleux et réconciliateur autour duquel les futures mères se retrouvent toutes latitudes confondues. Et qui à l’inverse du café ou du Mont-sur-Rolle, n’a été mis à l’index que par les diététiciennes. Or là, je pense comme Lumi: leur avis ne compte pas.
8 juin 2005
Ligotez-moi!
L’objectif des chaînes de télé, c’est de réussir à ligoter le téléspectateur sur son fauteuil afin de lui interdire tout zapping vers la concurrence – même pendant la pub. Pour réussir ce tour de force, il faut évidememnt un programme en béton. Mais dans le fond, les télépahges incurables, dont je suis, ne demandent que ça: qu’on les scotche au poste avec de d’opium catodique de premier choix.
Sur ce chapitre, en tant que Romande, je vis actuellement un véritable conflit de loyauté. Car en ce moment, la seule chaîne qui me ligote est alémanique. Je sais, c’est douloureux, ça ravive le röstigraben et tout le bazar... Mais disons-le tout de go: le programme du lundi soir sur SF2 frôle la perfection avec deux bijoux venus du pays merveilleux des séries inédites: «Desperate Housewives» et «Lost».
Ça me fait mal au cœur pour la TSR, parce qu’avant, c’était elle la pionnière. Grâce à son flair avant-gardiste, nous avons eu «Urgences», «Sex and the City», «Six Feet Under» ou «Nip/Tuck» avant tout le monde.Mais aujourd’hui, c’est presque le déclin. La 3 de «24» était déjà sur SF2 en janvier alors que la TSR la diffuse seulement maintenant. «Lost» fait flipper les Alémaniques depuis début avril mais sa diffusion romande n’est prévue que pour «vraisemblablement d’ici cet été» annonce vasouillardement tsr.ch. Quant aux fabuleuses «Desperate Housewives», «Canal+ a la priorité», donc on sait pas…
Sérievores romands, il est temps de réagir. Et de rappeler ses obligations à la TSR en clamant haut et fort «Ligotez-moi!»
Sur ce chapitre, en tant que Romande, je vis actuellement un véritable conflit de loyauté. Car en ce moment, la seule chaîne qui me ligote est alémanique. Je sais, c’est douloureux, ça ravive le röstigraben et tout le bazar... Mais disons-le tout de go: le programme du lundi soir sur SF2 frôle la perfection avec deux bijoux venus du pays merveilleux des séries inédites: «Desperate Housewives» et «Lost».
Ça me fait mal au cœur pour la TSR, parce qu’avant, c’était elle la pionnière. Grâce à son flair avant-gardiste, nous avons eu «Urgences», «Sex and the City», «Six Feet Under» ou «Nip/Tuck» avant tout le monde.Mais aujourd’hui, c’est presque le déclin. La 3 de «24» était déjà sur SF2 en janvier alors que la TSR la diffuse seulement maintenant. «Lost» fait flipper les Alémaniques depuis début avril mais sa diffusion romande n’est prévue que pour «vraisemblablement d’ici cet été» annonce vasouillardement tsr.ch. Quant aux fabuleuses «Desperate Housewives», «Canal+ a la priorité», donc on sait pas…
Sérievores romands, il est temps de réagir. Et de rappeler ses obligations à la TSR en clamant haut et fort «Ligotez-moi!»
1 juin 2005
Lâcher prise
Pour Lumi et Sean, les choses sont au beau fixe. Sean a retrouvé du travail et Lumi est enceinte de leur troisième enfant, donc définitivement sur la voie du «lâcher prise». Enfin presque, car depuis qu’elle se sait enceinte, Lumi est frénétique. Elle s’est inscrite pour un postgrade à l’Université qui démarrera lorsqu’elle aura atteint son septième mois de grossesse et suit en attendant un cours de photo à l’Ecole-club Migros. Elle a aussi pris un autre chien et décidé de poncer elle-même le plancher de son grenier – à la main. «Histoire que les choses soient lancées au moment où j’accoucherai» explique-t-elle.
Heureusement, Lumi est mariée à Sean. Un mâle de l’espèce rare et remarquable qui ne se contente pas de dire «Je ne sais pas comment elle fait», mais investit autant de flair stratégique pour trouver des solutions domestiques que pour manœuvrer dans les nébuleuses boursières. La preuve, il a réussi à démontrer à Lumi qu’il ne manquait qu’une chose à son enthousiasmant tableau: une jeune fille au pair.
Lumi a finir par dire «D’accord» et Sean peut se vanter d’avoir réalisé là un véritable coup de maître. Il a en effet renforcé les chances que Lumi ne finisse pas sa grossesse complètement zinzin, mais sans lui faire perdre la face dans son combat contre le «dogme féministe finlandais». Parce qu’accueillir une nounou laponne pour que les enfants restent proches de leurs racines, ce n’est pas du tout la même chose que de les faire garder par quelqu’un d’autre, pas vrai?
Heureusement, Lumi est mariée à Sean. Un mâle de l’espèce rare et remarquable qui ne se contente pas de dire «Je ne sais pas comment elle fait», mais investit autant de flair stratégique pour trouver des solutions domestiques que pour manœuvrer dans les nébuleuses boursières. La preuve, il a réussi à démontrer à Lumi qu’il ne manquait qu’une chose à son enthousiasmant tableau: une jeune fille au pair.
Lumi a finir par dire «D’accord» et Sean peut se vanter d’avoir réalisé là un véritable coup de maître. Il a en effet renforcé les chances que Lumi ne finisse pas sa grossesse complètement zinzin, mais sans lui faire perdre la face dans son combat contre le «dogme féministe finlandais». Parce qu’accueillir une nounou laponne pour que les enfants restent proches de leurs racines, ce n’est pas du tout la même chose que de les faire garder par quelqu’un d’autre, pas vrai?
29 mai 2005
X-File épidermique
J’ai attrapé une rougeur au visage. Une inflammation aussi discrète et seyante qu’une lampe de chantier, à vous flanquer des coups au moral chaque fois que vous vous regardez dans la glace. J’ai quand même essayé de prendre sur moi pendant dix jours en me disant «ça finira bien par passer tout seul».
Mais cette recette pétrie de sagesse populaire est restée totalement inefficace. Si bien que j’ai fini par aller voir mon généraliste, qui m’a longuement scruté le visage en plissant les yeux, et a achevé de m’humilier en décrivant ce qu’il voyait: «C’est vraiment très rouge, hein? Et ça s’étend là… Vous avez remarqué vous aussi ces petites pustules sur le bord, hein? Tsss… Bon! On va mettre un peu de cortisone. Mais il se peut que ça revienne.»
Mon généraliste est aussi prophète: il s’est produit exactement ce qu’il avait dit, c’est revenu. En pire. Si bien qu’il m’a envoyée chez un dermatologue. Ce fascinant personnage chaussé de baskets lamées argent et assis dans un bureau design baigné de musique easy listening m’a balayé le visage de son œil au laser. Avant de déclarer lapidairement «Ce n’est pas de l’acné» et de me faire une ordonnance… pour un traitement anti-acné.
Les voies de la dermatologie sont impénétrables: ma rougeur s’est envolée. Peut-être parce que ce traitement contre l’acné est secrètement efficace contre ce qui «n’est pas de l’acné». Ou alors, ce sont les baskets en papier d’alu. Dommage que Mulder et Scully aient définitivement raccroché: j’aurais bien aimé avoir leur point de vue.
Mais cette recette pétrie de sagesse populaire est restée totalement inefficace. Si bien que j’ai fini par aller voir mon généraliste, qui m’a longuement scruté le visage en plissant les yeux, et a achevé de m’humilier en décrivant ce qu’il voyait: «C’est vraiment très rouge, hein? Et ça s’étend là… Vous avez remarqué vous aussi ces petites pustules sur le bord, hein? Tsss… Bon! On va mettre un peu de cortisone. Mais il se peut que ça revienne.»
Mon généraliste est aussi prophète: il s’est produit exactement ce qu’il avait dit, c’est revenu. En pire. Si bien qu’il m’a envoyée chez un dermatologue. Ce fascinant personnage chaussé de baskets lamées argent et assis dans un bureau design baigné de musique easy listening m’a balayé le visage de son œil au laser. Avant de déclarer lapidairement «Ce n’est pas de l’acné» et de me faire une ordonnance… pour un traitement anti-acné.
Les voies de la dermatologie sont impénétrables: ma rougeur s’est envolée. Peut-être parce que ce traitement contre l’acné est secrètement efficace contre ce qui «n’est pas de l’acné». Ou alors, ce sont les baskets en papier d’alu. Dommage que Mulder et Scully aient définitivement raccroché: j’aurais bien aimé avoir leur point de vue.
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