Chantal a souvent gardé Tessa ces derniers temps et au début, Cora trouvait que c’était une excellente chose pour empêcher sa fille de filer du mauvais coton: Tessa est en effet de plus en plus rose&Barbie addict et Cora trouve cette évolution atroce. Rien de tel, s’est-elle donc dit, que de l’envoyer rouler un bon coup dans la gadoue avec Louis et Hugo, «ces petites brutes crasseuses qui passent leur temps à se flanquer sur le citron» – Cora n’a évidemment pas formulé les choses comme ça devant Chantal.
Au début, tout se passait merveilleusement: chaque fois qu’elle allait la récupérer, Tessa semblait avoir oublié toute inclination coquette et ses compétences de boxeuse étaient en nette progression. Seule ombre au tableau, Tessa s’est mise à parler comme Chantal: «Maman, c’est des MSC, nos sticks de poisson?» ou «Des fraises! Mais ça va pas! Les camions qui puent, ils ont fait puer tout le paysage pour les amener ici et c’est des pauvres monsieur africains qu’on a forcé à les planter sous des tentes en plastique dans de la terre qui est pas de la vraie terre!» Cora a d’abord pensé que ça allait lui passer. Mais Tessa a définitivement viré fliquette du panier de la ménagère, allant jusqu’à refuser de colorier les œufs de Pâques à l’école sous prétexte qu’ils n’étaient pas bio.
Heureusement, dimanche dernier, le Lapin de Pâques a remis les pendules à l’heure dans le jardin de Cora et Sam: en y cachant pour Tessa une somptueuse Barbie en robe de soirée rose à paillettes – et en glissant le bon d’échange dans le portefeuille de Sam, au cas où Tessa préférerait la tenue Sissi.
18 avril 2009
4 avril 2009
Ich bin ein Berliner...
Depuis plusieurs semaines, Marc était en proie à une nostalgie berlinoise à peine soutenable. Alors quand sa belle-mère a proposé d’emmener Leo à Euro Disney, Marc a aussitôt clamé: «Quelle excellente idée!». Puis il s’est rué sur son ordi afin de commander deux billets pour Berlin et de skyper Gerd, son ancien coloc végétalien de Kreuzberg, lequel leur a proposé illico une chambre dans la WG pour le week-end. Aucun doute: Berlin l’attendait! En atterrissant à Tegel, Marc a d’ailleurs senti monter en lui quelque chose comme une prise de conscience: Ich bin ein Berliner… C’était si profondément euphorisant que dès son arrivée à Kreuzberg, Marc s’est enfermé avec Julie dans la piaule de la WG et lui a arraché ses vêtements avec une ardeur remarquable.
Ils étaient déjà bien lancés quand tout à coup, quelque chose a fait boum au plafond. Ça leur a un peu coupé la chique, mais ils n’ont pas tardé à reprendre avec enthousiasme là où ils en étaient restés. Re-boum. Marc: «On s’en fout…» Julie: «Ouais…» Bruits intimes. Boum-boum. Marc n’en revenait pas: c’était tellement anti-Berlin cette manière de faire comprendre aux gens qu’ils dérangeaient. Ils devaient résister, brandir leur bulle érotique comme un statement. Mais quatre tentatives de reconstituer ladite bulle et sept boum plus tard, Julie et Marc ont fini par se rhabiller.
Le soir, ils ont pris l’apéro sur le toit de l’immeuble et Marc a demandé à Gerd qui étaient les voisins du dessus. «Un couple hypertolérant, avec un humour hyperberlinois», a répondu Gerd. Marc n’y comprenait plus rien. Est-ce que Berlin était toujours Berlin? Finalement, lesdits voisins, Dieter et Ursula, les ont rejoints sur le toit. Quelques bières plus tard, Dieter soufflait à Marc: «Au fait, pourquoi vous vous êtes arrêtés, ta femme et toi? Vous aviez pas compris qu’on plaisantait?»
Ils étaient déjà bien lancés quand tout à coup, quelque chose a fait boum au plafond. Ça leur a un peu coupé la chique, mais ils n’ont pas tardé à reprendre avec enthousiasme là où ils en étaient restés. Re-boum. Marc: «On s’en fout…» Julie: «Ouais…» Bruits intimes. Boum-boum. Marc n’en revenait pas: c’était tellement anti-Berlin cette manière de faire comprendre aux gens qu’ils dérangeaient. Ils devaient résister, brandir leur bulle érotique comme un statement. Mais quatre tentatives de reconstituer ladite bulle et sept boum plus tard, Julie et Marc ont fini par se rhabiller.
Le soir, ils ont pris l’apéro sur le toit de l’immeuble et Marc a demandé à Gerd qui étaient les voisins du dessus. «Un couple hypertolérant, avec un humour hyperberlinois», a répondu Gerd. Marc n’y comprenait plus rien. Est-ce que Berlin était toujours Berlin? Finalement, lesdits voisins, Dieter et Ursula, les ont rejoints sur le toit. Quelques bières plus tard, Dieter soufflait à Marc: «Au fait, pourquoi vous vous êtes arrêtés, ta femme et toi? Vous aviez pas compris qu’on plaisantait?»
21 mars 2009
Selfconfidence à l’épreuve
Mes enfants ont commencé le foot et remis aux calendes grecques l’éventuelle pratique d’un instrument de musique. Cette situation est le résultat d’un chef d’œuvre de manipulation. Extraits: «Tu sais, ce qu’il y a de bien avec le foot, maman, c’est qu’on est dehors. Ceux qui jouent d’un instrument, ils sont toujours enfermés.» «Et puis tu vois, si en plus on fait la musique, ça va faire trop, ça va nous stresser, comme ces enfants que les parents bourrent avec des tas d’activités et que toi tu dis que ces parents, ils sont cinglés.» «Moi, je veux faire de la musique, mais je veux jouer de la guitare électrique et y’a pas de guitare électrique pour les enfants. Alors je pourrai commencer seulement quand je serai grand.»
Bon, donc une fois le foot adopté et les carrières de violoncellistes envolées, il a fallu s’occuper des tenues. L’aîné et le cadet voulaient absolument revêtir les maillots polyester couverts de sponsors et les baskets dorées que leur a achetés ma belle-mère. Mais j’ai aussitôt mis le holà en leur assurant qu’à l’entraînement, <em>personne</em> n’était habillé comme ça. Le jour venu, mes enfants étaient les seuls sur le terrain à ne pas porter de tenues polyester – même les trois filles alibi en avaient avec dans le dos le nom d’un dieu shooteur en majuscules (une Frei, une Torres, une Hakin). Heureusement, les baskets dorées qu’ils avaient enfilées à mon insu leur ont sauvé la mise (Ronaldinho et Torres numéro 2 avaient les mêmes).
Bref, ma selfconfidence parentale est au plus bas et ça doit se voir. L’aîné m’a annoncé que la prochaine fois chez la coiffeuse, c’est lui qui donnerait les instructions. «Je lui dirai que je veux court devant et sur les oreilles, mais long derrière, avec des mèches.» J’ai dix jours pour déjouer ses plans tifs à la sauce Opel Manta.
Bon, donc une fois le foot adopté et les carrières de violoncellistes envolées, il a fallu s’occuper des tenues. L’aîné et le cadet voulaient absolument revêtir les maillots polyester couverts de sponsors et les baskets dorées que leur a achetés ma belle-mère. Mais j’ai aussitôt mis le holà en leur assurant qu’à l’entraînement, <em>personne</em> n’était habillé comme ça. Le jour venu, mes enfants étaient les seuls sur le terrain à ne pas porter de tenues polyester – même les trois filles alibi en avaient avec dans le dos le nom d’un dieu shooteur en majuscules (une Frei, une Torres, une Hakin). Heureusement, les baskets dorées qu’ils avaient enfilées à mon insu leur ont sauvé la mise (Ronaldinho et Torres numéro 2 avaient les mêmes).
Bref, ma selfconfidence parentale est au plus bas et ça doit se voir. L’aîné m’a annoncé que la prochaine fois chez la coiffeuse, c’est lui qui donnerait les instructions. «Je lui dirai que je veux court devant et sur les oreilles, mais long derrière, avec des mèches.» J’ai dix jours pour déjouer ses plans tifs à la sauce Opel Manta.
7 mars 2009
En toute honnêteté
Tout le monde a beau le considérer comme un salaud, Paolo, lui, s'est toujours vu comme un mec réglo. Ça ne veut pas dire, bien sûr, qu’il n’ait jamais fait de coup bas. Mais il les a toujours perpétrés en toute honnêteté.
Par exemple il n'a jamais caché à Anke qu'il la plaquait parce qu’il avait envie de se taper d’autres nanas. C’était vache, d’accord, mais c’était réglo parce que c’était honnête. Autre exemple plus récent, son coup de maître professionnel: l’éviction de Jim le Néo-Zélandais du poste de directeur de l’institut. Paolo avait toujours dit à Jim qu’il voulait le poste. Pas hargneusement, bien sûr, mais en riant et en lui tapant sur l’épaule autour de quelques bières. C’était peut-être tordu, mais il n’avait rien dissimulé. Ça n’avait pas empêché Jim de faire celui qui tombait des nues quand il avait appris qu'au dernier congrès, Paolo avait séduit Hillary, l'experte américaine, ET June, la fiancée de Jim. Okay, sa stratégie de déstabilisation était discutable, Paolo l’admettait volontiers. Mais c’était réglo parce qu'il avait agi en toute honnêteté.
«Ça tient pas, ce que tu dis, affirme Sam en vidant sa chope. Tu cherches une excuse pseudo-noble pour te dire que t’es pas un salaud. Alors que t’es un salaud.» «Moi je trouve que ça tient parfaitement», estime Sean. «Forcément, t’es Amércian et t’es un requin, rétorque Sam. Ton avis ne compte pas.» Mais Sean persiste: «En fait, je dirais même que t’es maladivement honnête. Il t’est déjà arrivé de resquiller?» Paolo réfléchit avant de lâcher: «Non, en fait jamais.» «J’en étais sûr!, exulte Sean. Et tu veux que je te dise pourquoi? Parce que ça te fait moins mal de payer ton ticket que d’être incapable de raconter un bobard au contrôleur.» «T’as raison, dit Paolo, stupéfait. C’est exactement ça. Comment t’as fait pour savoir?» «C’est l’avantage d’être Américain, fait Sean. On a chacun son analyste.»
Par exemple il n'a jamais caché à Anke qu'il la plaquait parce qu’il avait envie de se taper d’autres nanas. C’était vache, d’accord, mais c’était réglo parce que c’était honnête. Autre exemple plus récent, son coup de maître professionnel: l’éviction de Jim le Néo-Zélandais du poste de directeur de l’institut. Paolo avait toujours dit à Jim qu’il voulait le poste. Pas hargneusement, bien sûr, mais en riant et en lui tapant sur l’épaule autour de quelques bières. C’était peut-être tordu, mais il n’avait rien dissimulé. Ça n’avait pas empêché Jim de faire celui qui tombait des nues quand il avait appris qu'au dernier congrès, Paolo avait séduit Hillary, l'experte américaine, ET June, la fiancée de Jim. Okay, sa stratégie de déstabilisation était discutable, Paolo l’admettait volontiers. Mais c’était réglo parce qu'il avait agi en toute honnêteté.
«Ça tient pas, ce que tu dis, affirme Sam en vidant sa chope. Tu cherches une excuse pseudo-noble pour te dire que t’es pas un salaud. Alors que t’es un salaud.» «Moi je trouve que ça tient parfaitement», estime Sean. «Forcément, t’es Amércian et t’es un requin, rétorque Sam. Ton avis ne compte pas.» Mais Sean persiste: «En fait, je dirais même que t’es maladivement honnête. Il t’est déjà arrivé de resquiller?» Paolo réfléchit avant de lâcher: «Non, en fait jamais.» «J’en étais sûr!, exulte Sean. Et tu veux que je te dise pourquoi? Parce que ça te fait moins mal de payer ton ticket que d’être incapable de raconter un bobard au contrôleur.» «T’as raison, dit Paolo, stupéfait. C’est exactement ça. Comment t’as fait pour savoir?» «C’est l’avantage d’être Américain, fait Sean. On a chacun son analyste.»
21 février 2009
La fin, la tarte et les moyens
Chantal, Patrick et les jumeaux passent les relâches de février en Engadine. Alors que Patrick, Louis et Hugo s’éclatent lattes aux pieds dans des portions de paysage hérissées de skilifts, Chantal proteste «contre la violence aveugle des remontées mécaniques et du sport de masse» en pratiquant la raquette à neige et en prenant acte avec consternation de l’enthousiasme que son mari et ses fils nourrissent pour les télésièges chauffants. Et l’effort vrai, alors? Et la magnificence d’une nature intacte? Et le CO2? Incroyable qu’il suffise d’un hiver à peine plus rude pour que tout le monde oublie que la planète est au bord du gouffre. D’autant plus que tout ce froid et toute cette neige prouvent le réchauffement!
Bref, c'est la débandade. Patrick dit de plus en plus de mal de la Prius et a atteint des sommets de mauvaise foi pendant les quatre petites heures durant lesquelles ils ont dû patienter (moteur éteint) aux portes du tunnel de la Vereina. «Je t’avais dit qu’on aurait mieux fait d’aller en Autriche!, a-t-il fulminé. Mais non! Avec ton obsession de consommer local, on se retrouve bloqués avec tous les cons!» Quant à Hugo et Louis, c’est une catastrophe: ils ne pensent plus qu’à la compète et à éclaffer au slalom «les taches qui skient pas parallèle».
Pourtant, Chantal ne s’avoue pas vaincue. Et comme elle n’a pas trouvé d’école de ski alternative susceptible de transmettre de vraies valeurs à ses fils, elle a empoigné le problème à sa façon. En les menaçant pendant que Patrick était aux toilettes de les priver de slalom et de «torta di nusch» pour le reste de la semaine. Ça a marché: depuis mercredi, Louis a dit deux fois «Ce qui compte, c’est de participer» et Hugo a renchéri «Pis tout le monde, il a des qualités».
Bref, c'est la débandade. Patrick dit de plus en plus de mal de la Prius et a atteint des sommets de mauvaise foi pendant les quatre petites heures durant lesquelles ils ont dû patienter (moteur éteint) aux portes du tunnel de la Vereina. «Je t’avais dit qu’on aurait mieux fait d’aller en Autriche!, a-t-il fulminé. Mais non! Avec ton obsession de consommer local, on se retrouve bloqués avec tous les cons!» Quant à Hugo et Louis, c’est une catastrophe: ils ne pensent plus qu’à la compète et à éclaffer au slalom «les taches qui skient pas parallèle».
Pourtant, Chantal ne s’avoue pas vaincue. Et comme elle n’a pas trouvé d’école de ski alternative susceptible de transmettre de vraies valeurs à ses fils, elle a empoigné le problème à sa façon. En les menaçant pendant que Patrick était aux toilettes de les priver de slalom et de «torta di nusch» pour le reste de la semaine. Ça a marché: depuis mercredi, Louis a dit deux fois «Ce qui compte, c’est de participer» et Hugo a renchéri «Pis tout le monde, il a des qualités».
7 février 2009
Signs…
Isabel a emmené Marion aux bains thermaux pour «une sortie entre filles». Mais Marion lui a d’emblée fait comprendre qu’elle trouvait cette perspective craignos et se l’est jouée 100% évitement tout au long de la barbote – genre «Je me barre vers les buses dès que tu me rejoins au bain à remous» ou «Si tu fais mine de te pointer aux buses pendant que j'y suis, je fous le camp à la cascade». Isabel sentait planer sur elle le spectre ado. Fini, les câlins, les échanges tendres: d’ici peu, il faudrait parler soutien-gorges, contraception…
Histoire de rompre avec ces pensées déprimantes, Isabel a quitté les bassins pour l’aire de repos. Elle était en train d’attraper sa serviette lorsqu’une voix d’homme a chuchoté derrière elle: «Excusez-moi…» Isabel s’est retournée pour découvrir un trentenaire très craquant qui tenait dans les bras un bébé encore plus craquant. C’était un signe! Le destin venait à son secours, consolateur! «Vous pourriez garder mon fils pendant que je vais aux…, a demandé le trentenaire à voix basse, en désignant d’un geste éloquent le couloir qui menait aux toilettes. Ma femme est au massage, et là, vraiment…» «Mais bien sûr!», s’est exclamée Isabel. Et elle a tendu les bras vers l’adorable bébé, qui, tandis que son papa détalait aux waters, l’a gratifié d’un lumineux sourire avant de s’abandonner contre elle, de tout son petit corps. Indicible, cette émotion... Et si Juan et elle s’étaient trompés, avec leur idée d’enfant unique? Si le bonheur, c’était ça? Isabel défaillait. C’était un signe! Il fallait qu’elle parle à Juan! Qu’ils reconsidèrent la question!
Elle était encore en proie à sa bouffée maternante, lorsque le papa est réapparu, déclenchant inopinément une violente crise de gigote chez l’adorable bébé, dont mimines et petons ont rageusement bataillé en quête d’appui. Pour finir par se contenter du bikini d’Isabel, qui s’est retrouvée publiquement dépoitraillée et déculottée sans avoir eu le temps de dire ouf. Un autre signe? Sans aucun doute.
Histoire de rompre avec ces pensées déprimantes, Isabel a quitté les bassins pour l’aire de repos. Elle était en train d’attraper sa serviette lorsqu’une voix d’homme a chuchoté derrière elle: «Excusez-moi…» Isabel s’est retournée pour découvrir un trentenaire très craquant qui tenait dans les bras un bébé encore plus craquant. C’était un signe! Le destin venait à son secours, consolateur! «Vous pourriez garder mon fils pendant que je vais aux…, a demandé le trentenaire à voix basse, en désignant d’un geste éloquent le couloir qui menait aux toilettes. Ma femme est au massage, et là, vraiment…» «Mais bien sûr!», s’est exclamée Isabel. Et elle a tendu les bras vers l’adorable bébé, qui, tandis que son papa détalait aux waters, l’a gratifié d’un lumineux sourire avant de s’abandonner contre elle, de tout son petit corps. Indicible, cette émotion... Et si Juan et elle s’étaient trompés, avec leur idée d’enfant unique? Si le bonheur, c’était ça? Isabel défaillait. C’était un signe! Il fallait qu’elle parle à Juan! Qu’ils reconsidèrent la question!
Elle était encore en proie à sa bouffée maternante, lorsque le papa est réapparu, déclenchant inopinément une violente crise de gigote chez l’adorable bébé, dont mimines et petons ont rageusement bataillé en quête d’appui. Pour finir par se contenter du bikini d’Isabel, qui s’est retrouvée publiquement dépoitraillée et déculottée sans avoir eu le temps de dire ouf. Un autre signe? Sans aucun doute.
24 janvier 2009
Téléportation, interprétation, révélation
Le cadet est un être paradoxal. Il déteste qu’on l’embrasse et si on s’y risque, il s’essuie la joue derechef d'un air dégoûté. En revanche, il pratique avec assiduité la câlin-téléportation: lorsqu’il est saisi d’une pulsion contact, vous le retrouvez tout à coup araldité à vos genoux ou à votre flanc, sans l'avoir vu venir ni bondir. Or récemment, le cadet a découvert qu’il maîtrisait aussi la téléportation dorsale, une variante qui lui permet de se retrouver coincé comme par enchantement entre mon dos et le dossier de la chaise. Action qu'il ponctue systématiquement d'un «Mmh…» extatique, comme si mon seul contact représentait du concentré de délice. Avis à tous ceux qui hésitent encore à faire des enfants, c’est le genre de moment où le grand «Pourquoi?» de la condition parentale trouve une résolution définitive: là, c’est ontologique, indéfectible, vous savez.
Mais je reprends: j'ai le le cadet téléporté blotti dans mon dos, puis tout à coup, ses doigts se mettent à pianoter sur ma taille... et semblent vouloir me dire quelque chose. Genre la stupéfaction qu'ils éprouvent à pouvoir s'enfoncer aussi profondément sans rencontrer la moindre résistance - musculaire ou osseuse - alors que de mon côté, j'essaie désespérément de bander mes muscles pour leur en boucher un coin. Peine perdue, le cadet est en train de m’objectiver le lard. Et il en rajoute: «Dis, Maman, comment ça se fait que ce soit si mou, là?»
Ça y est, je suis Bridget Jones, la loose qui désespère de jamais devenir une sylphide et à qui on vient d’asséner le coup de grâce en lui ronronnant «Mmh, tu es si moelleuse…» Avis à tous ceux qui se demandent quand on abandonne définitivement toute perspective sylphidique: là, c’est ontologique, indéfectible, vous savez.
Mais je reprends: j'ai le le cadet téléporté blotti dans mon dos, puis tout à coup, ses doigts se mettent à pianoter sur ma taille... et semblent vouloir me dire quelque chose. Genre la stupéfaction qu'ils éprouvent à pouvoir s'enfoncer aussi profondément sans rencontrer la moindre résistance - musculaire ou osseuse - alors que de mon côté, j'essaie désespérément de bander mes muscles pour leur en boucher un coin. Peine perdue, le cadet est en train de m’objectiver le lard. Et il en rajoute: «Dis, Maman, comment ça se fait que ce soit si mou, là?»
Ça y est, je suis Bridget Jones, la loose qui désespère de jamais devenir une sylphide et à qui on vient d’asséner le coup de grâce en lui ronronnant «Mmh, tu es si moelleuse…» Avis à tous ceux qui se demandent quand on abandonne définitivement toute perspective sylphidique: là, c’est ontologique, indéfectible, vous savez.
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