Marc a appris par hasard une histoire vraie qui l'a vachement remué: celle de ce pauvre gosse que sa mère oignait tous les jours avec une lotion corporelle «riche en huile essentielle de lavande». Résultat: ledit petit garçon s'était vu pousser des seins.
En apprenant cette sombre affaire d'oléo-hormone, Marc a été saisi d'angoisse. Est-ce que Julie faisait pareil avec Leo? Une inquiétude d'autant plus justifiée que Marc connaît (presque jusqu'à l'écœurement, pour être honnête) l'inclination ultra-lavandique de son épouse, qui a tendance à en mettre partout. Marc a donc passé fébrilement en revue les champs de déchaînement de Julie: les armoires (petits sachets), les chiottes (pots pourris), la buanderie (eau de repassage), la salle de bain (bougie), le garde-manger (miel)... Mais ouf! Pas de lotion ni de bain moussant à la lavande pour Leo: le torse de son fils serait sauf!
Marc a alors réalisé que le lavande-monopole avait épargné jusque là un pan majeur de ses fantasmes, alors que c'est précisément là que ses plus beaux effets restaient à déployer: le décolleté de Julie. Il a donc foncé à la droguerie pour acheter une lotion à la lavande et l'a offert à Julie en affirmant que c'était «chaudement recommandé par les spécialistes pour les soins du buste».
Depuis, Marc est aux aguets pour vivre en direct le moment où les seins de Julie boostés à l'hormone de Provence feront péter le soutif. Quant à l'odeur, il est devenu insatiable et s'est même porté volontaire pour le repassage. Histoire de sniffer son comptant de vapeur de nénés.
24 février 2007
17 février 2007
Le complot
A la rédaction du magazine féminin «Elle», on a pris une décision forte, on a franchi le pas, on a dit merde aux conventions. Via la rubrique culinaire, dont on sous-estime trop souvent le potentiel subversif et contestataire. Son dernier-né s'appelle «Recettes en séries» et il fait très fort. D'un côté, il libère les lectrices de leur culpabilité, en leur disant franco qu'elles ont le droit d'être elles-mêmes et de s'outer (parce que ouais, y'a rien de dégradant à être raide-dingues de Lost-Jack et du Dr Troy, d'ailleurs tout le monde l'est, et en plus, rien qu'entre nous, les filles, y'a pas plus tendance). De l'autre, il émancipe la lectrice-téléspectatrice qui s'assume en lui proposant des recettes de «plateaux-télé à thèmes» censés coller aux séries. Vous ne rêvez pas: «Elle», qui sinon se gargarise au gastro-raffinement frouze, porte au pinacle le dégoûtant emblème de la décadence fast-foodique ricaine et le déclare même «ultra-chic».
C'est presque un changement de paradigme et je devrais battre des mains de me sentir enfin comprise... si les plateaux-télé made in «Elle» n'étaient pas des variations sur le thème «la gamelle de mon clébard» - le «plateau-tôle» pour «Prison Break», par exemple, a l'air de dégueuli tout frais. Incroyable, d'autant plus que d'habitude, «Elle» la joue à fond food-design.
Conclusion: ce statement, c'est du pseudo, de la propagande de diététiciennes, qui veulent nous faire passer toute envie de plateau-télé. Alors avis aux sérioliques qui ne sont pas dupes: «The Shield» va vachement bien aux chips M-Budget paprika (les meilleures) et à la Ticino-binche Fine Food.
C'est presque un changement de paradigme et je devrais battre des mains de me sentir enfin comprise... si les plateaux-télé made in «Elle» n'étaient pas des variations sur le thème «la gamelle de mon clébard» - le «plateau-tôle» pour «Prison Break», par exemple, a l'air de dégueuli tout frais. Incroyable, d'autant plus que d'habitude, «Elle» la joue à fond food-design.
Conclusion: ce statement, c'est du pseudo, de la propagande de diététiciennes, qui veulent nous faire passer toute envie de plateau-télé. Alors avis aux sérioliques qui ne sont pas dupes: «The Shield» va vachement bien aux chips M-Budget paprika (les meilleures) et à la Ticino-binche Fine Food.
10 février 2007
Fausses impressions
Cora n'en est à qu'à sa 30ème semaine de grossesse, mais son bébé menace déjà de débarquer. Verdict de son gynécologue: une semaine d'hostio pour des examens, suivie de cinq semaines de repos strict à la maison avec le droit de se lever «uniquement pour aller aux toilettes». Cora a failli éclater en sanglots en apprenant ce qui l'attendait, mais Sam lui a remonté le moral en lui faisant miroiter tous les DVD qu'elle allait pouvoir engloutir.
Une fois arrivée à la clinique, Cora l'a rappelé, totalement déprimée. «Parle au toubib, l'a-t-elle supplié. Promets-lui n'importe quoi, que tu feras le garde-chiourme, mais tire-moi d'ici. Je me sens si... diminuée...» Pour Sam, ça ne faisait pas un pli: Cora venait de réaliser que ces semaines de repos forcé seraient aussi des semaines sans relation sexuelle.
Il s'est donc senti légèrement humilié en se rendant compte que sa femme n'avait pas pensé une seule seconde à tout ce sexe mis entre parenthèse et qu'en réalité, ce qui la minait, c'était sa voisine de chambre: un superbe bidon mégatendu par des jumeaux, juché sur une silhouette irréellement svelte et ferme. Un vrai mannequin Cocoon, l'air outrageusement frais et reposé. «Sa première grossesse», Cora en aurait mis sa main au feu.
D'autant plus que le mannequin Cocoon l'avait écouté d'un air captivé quand Cora lui avait longuement expliqué qu'une grossesse, quand on a déjà un enfant, «ça n'a rien à voir». «Première grossesse» avait acquiescé d'un air admiratif. Avant de raconter sa vie à Cora et de lui parler... des quatre filles qu'elle avait déjà.
Une fois arrivée à la clinique, Cora l'a rappelé, totalement déprimée. «Parle au toubib, l'a-t-elle supplié. Promets-lui n'importe quoi, que tu feras le garde-chiourme, mais tire-moi d'ici. Je me sens si... diminuée...» Pour Sam, ça ne faisait pas un pli: Cora venait de réaliser que ces semaines de repos forcé seraient aussi des semaines sans relation sexuelle.
Il s'est donc senti légèrement humilié en se rendant compte que sa femme n'avait pas pensé une seule seconde à tout ce sexe mis entre parenthèse et qu'en réalité, ce qui la minait, c'était sa voisine de chambre: un superbe bidon mégatendu par des jumeaux, juché sur une silhouette irréellement svelte et ferme. Un vrai mannequin Cocoon, l'air outrageusement frais et reposé. «Sa première grossesse», Cora en aurait mis sa main au feu.
D'autant plus que le mannequin Cocoon l'avait écouté d'un air captivé quand Cora lui avait longuement expliqué qu'une grossesse, quand on a déjà un enfant, «ça n'a rien à voir». «Première grossesse» avait acquiescé d'un air admiratif. Avant de raconter sa vie à Cora et de lui parler... des quatre filles qu'elle avait déjà.
3 février 2007
Infection, baston, malédiction
Toute la semaine dernière, notre quotidien a eu l'allure dévastée d'un champ de bataille. Avec le trio chéri-enfant1-enfant2 canardé par les virus, et moi qui tentait d'endiguer le mal - paracétamol à la louche (jour et nuit), hectolitres d'eau salée (jour) et gouttes nasales (nuit), sirop expectorant (jour) et sirop antitussif (nuit)... Une vraie dèche. Heureusement, nous avions des sucreries et des DVD pour des traitements supplétifs: Smarties et «Age de glace 2» en boucle pour les enfants (jour), Toblerone et trilogie «Seigneur des Anneaux» pour le chéri (nuit).
Samedi, j'ai cru qu'on avait donné le tour et que j'allais enfin pouvoir me laver les cheveux. Quand tout à coup, la température de l'aîné a repris l'ascenceur et le chéri a couru s'enfermer aux toilettes, ahanant d'une voix faible à travers la porte: «Bide...foutu...» Traduction: «Chéri hors service STOP Pédiatre de garde avec aîné et cadet sous le bras pour ta pomme STOP Tant pis pour tes tifs STOP»
Après nous avoir abandonnés une bonne heure dans la salle d'attente entre trois briques Lego et quelques livres déchiquetés, l'assistante médicale du pédiatre de garde est venue nous chercher pour piquer le doigt de l'aîné(«Faut qu'on vérifie si c'est bactérien»). L'aîné s'est aussitôt mis à hurler. Je l'ai maintenu tant bien que mal alors que l'assistante médicale lui piquait le majeur en faisant le gros dos, parce que le cadet la rouait de coups en vociférant «Méchante! Méchante!»
Là, j'ai eu la sensation très nette que quelqu'un voulait ma peau.
Samedi, j'ai cru qu'on avait donné le tour et que j'allais enfin pouvoir me laver les cheveux. Quand tout à coup, la température de l'aîné a repris l'ascenceur et le chéri a couru s'enfermer aux toilettes, ahanant d'une voix faible à travers la porte: «Bide...foutu...» Traduction: «Chéri hors service STOP Pédiatre de garde avec aîné et cadet sous le bras pour ta pomme STOP Tant pis pour tes tifs STOP»
Après nous avoir abandonnés une bonne heure dans la salle d'attente entre trois briques Lego et quelques livres déchiquetés, l'assistante médicale du pédiatre de garde est venue nous chercher pour piquer le doigt de l'aîné(«Faut qu'on vérifie si c'est bactérien»). L'aîné s'est aussitôt mis à hurler. Je l'ai maintenu tant bien que mal alors que l'assistante médicale lui piquait le majeur en faisant le gros dos, parce que le cadet la rouait de coups en vociférant «Méchante! Méchante!»
Là, j'ai eu la sensation très nette que quelqu'un voulait ma peau.
27 janvier 2007
L'ivresse du choc
Chantal est depuis toujours en conflit avec ses parents à cause de l'enthousiasme que ces derniers nourrissent pour le progrès technologique, «sans jamais se préoccuper des conséquences de cette fuite en avant». Face à son père et à sa mère qui piratent des séries sur le Net et adorent le convinience food, Chantal tente donc d'opposer de «vraies valeurs». Et elle les tance vigoureusement dès qu'elle apprend qu'ils ont fait découvrir à Louis et à Hugo les sticks de poisson ou «Cars» en format DVX.
En allant récupérer sa progéniture mercredi dernier, Chantal se demandait contre quoi elle allait devoir s'insurger cette fois. Elle a donc éprouvé un certain soulagement en voyant que Louis et Hugo brandissaient juste un paquet de biscuits fourrés au chocolat -même si Chantal a frémi en imaginant tous les agents conservateurs planqués dedans. «Et grand-maman nous a montré un truc vachement cool pour les manger!» s'est écrié Louis, avant de faire à sa mère la démonstration d'une répugnante technique de rongeage du biscuit double.
Irritée, Chantal s'est laissé aller à une surenchère qu'elle aurait normalement jugée hyperdéplacée: «Grand-maman n'a aucune idée, a-t-elle lâché. Quand on est vraiment cool, on fait comme ça.» Et c'est ainsi que Chantal a initié ses bambins à l'art gore du décollage de biscuits double (avec les dents) et du raclage de choc (toujours avec les dents).
Jamais elle n'oubliera l'ivresse qui l'a envahie lorsqu'elle a entendu ses enfants murmurer «Super!» en la regardant faire. Normal, c'était la première fois.
En allant récupérer sa progéniture mercredi dernier, Chantal se demandait contre quoi elle allait devoir s'insurger cette fois. Elle a donc éprouvé un certain soulagement en voyant que Louis et Hugo brandissaient juste un paquet de biscuits fourrés au chocolat -même si Chantal a frémi en imaginant tous les agents conservateurs planqués dedans. «Et grand-maman nous a montré un truc vachement cool pour les manger!» s'est écrié Louis, avant de faire à sa mère la démonstration d'une répugnante technique de rongeage du biscuit double.
Irritée, Chantal s'est laissé aller à une surenchère qu'elle aurait normalement jugée hyperdéplacée: «Grand-maman n'a aucune idée, a-t-elle lâché. Quand on est vraiment cool, on fait comme ça.» Et c'est ainsi que Chantal a initié ses bambins à l'art gore du décollage de biscuits double (avec les dents) et du raclage de choc (toujours avec les dents).
Jamais elle n'oubliera l'ivresse qui l'a envahie lorsqu'elle a entendu ses enfants murmurer «Super!» en la regardant faire. Normal, c'était la première fois.
20 janvier 2007
Juan@youtube.com (2)
La semaine dernière, nous avions laissé Juan effondré devant youtube.com, un verre de whisky à la main. Motif de cette descente aux enfers intérieure: la vénération qu'Isabel nourrit pour le sémillant Paolo Nutini et sa version live de «Last Request», précisément offerte sur youtube.com pour d'infinies replayites.
Juan était sur le point de jeter Nutini et l'ordinateur par la fenêtre, mais s'est ravisé après avoir sifflé un schluck de Single Malt. A la place, il est allé visiter youtube.com. Et a été récompensé dans sa quête par une splendide trouvaille: un live de «Hey» (*), le tube mythique des Pixies, punk-rockeurs vénérables qui avaient été jeunes en même temps que Juan, mais jamais beaux, contrairement à Paolo Nutini - et à Juan.
Sur ledit live, ses Lutins cultes avaient tous terriblement vieilli et grossi. Au point que la guitare du chanteur Black Francis, par exemple, paraissait toute petite entre ses bras grassouillets. Mais jamais Juan ne les avait vus meilleurs, plus trash, plus charnels. Jamais Black Francis n'avait bramé ses cochonneries plus sensuellement, jamais «Hey» n'avait été plus sexe et plus désespérée. A côté de ça, Nutini c'était du sirop de grenadine! Juan était aux anges. Il s'est resservi un double-whisky, avant de monter le son à coin et de se refaire «Hey-cuvée-old» vingt-huit fois d'affilée.
En rentrant, Isabel l'a trouvé cabré devant son écran d'ordi, en train de brailler un peu obscènement et très faux (il avait le casque sur les oreilles): «But Heyyyy! Whe-heeere have youuuu be-eeeen??»
Juan était sur le point de jeter Nutini et l'ordinateur par la fenêtre, mais s'est ravisé après avoir sifflé un schluck de Single Malt. A la place, il est allé visiter youtube.com. Et a été récompensé dans sa quête par une splendide trouvaille: un live de «Hey» (*), le tube mythique des Pixies, punk-rockeurs vénérables qui avaient été jeunes en même temps que Juan, mais jamais beaux, contrairement à Paolo Nutini - et à Juan.
Sur ledit live, ses Lutins cultes avaient tous terriblement vieilli et grossi. Au point que la guitare du chanteur Black Francis, par exemple, paraissait toute petite entre ses bras grassouillets. Mais jamais Juan ne les avait vus meilleurs, plus trash, plus charnels. Jamais Black Francis n'avait bramé ses cochonneries plus sensuellement, jamais «Hey» n'avait été plus sexe et plus désespérée. A côté de ça, Nutini c'était du sirop de grenadine! Juan était aux anges. Il s'est resservi un double-whisky, avant de monter le son à coin et de se refaire «Hey-cuvée-old» vingt-huit fois d'affilée.
En rentrant, Isabel l'a trouvé cabré devant son écran d'ordi, en train de brailler un peu obscènement et très faux (il avait le casque sur les oreilles): «But Heyyyy! Whe-heeere have youuuu be-eeeen??»
13 janvier 2007
Juan@youtube.com (1)
Juan a démarré l'année avec le moral au fond des bottes à cause du brit-popeur Paolo Nutini. Ou plutôt à cause d'Isabel. Enfin plus exactement à cause d'une récente rediffusion de l'édition de Taratata où l'odieux Nagui avait invité Paolo Nutini.
Jamais Juan n'oubliera cette maudite émission par laquelle tout est arrivé. Ni l'écœurante fascination que Nutini a aussitôt exercé sur sa femme avec sa voix geignarde et sa dégaine de bellâtre lippu à grande mèche. Ni le soupir humide qu'a poussé Isabel lorsqu'elle a entendu l'odieux Nagui clamer: «Et il n'a que 19 ans!»Pas de doute, ça sentait très mauvais.Dès le lendemain, Juan est allé écumer le Net pour prendre la mesure du danger. Et le web a confirmé toutes ses inquiétudes. Juan a par exemple eu la nette impression qu'Isabel pourrait souscrire sans mal aux propos d'une certaine Mimi256 qui confiait: «C'est vrai qu'il est un peu jeune, mais j'en ferais bien mon quatre heures...!» Et les jours suivants, Isabel en a copieusement rajouté en se repassant sans arrêt d'un air ému Nutini à Taratata sur Youtube (*), «parce qu'en live c'est tellement plus fort».Juan a donc décidé qu'il était temps d'aller affronter l'ennemi.
En le (re)découvrant sur Youtube, il a cru défaillir de rage: c'est qu'il avait presque oublié à quel point ce petit salaud pouvait être convaincant avec sa voix brisée et sa bouche à bouffer du praliné! Juan est allé se servir un Single Malt pour ne pas flancher. Puis il s'est mis à faire les cents pas en méditant au meilleur moyen de flinguer P.N.
Jamais Juan n'oubliera cette maudite émission par laquelle tout est arrivé. Ni l'écœurante fascination que Nutini a aussitôt exercé sur sa femme avec sa voix geignarde et sa dégaine de bellâtre lippu à grande mèche. Ni le soupir humide qu'a poussé Isabel lorsqu'elle a entendu l'odieux Nagui clamer: «Et il n'a que 19 ans!»Pas de doute, ça sentait très mauvais.Dès le lendemain, Juan est allé écumer le Net pour prendre la mesure du danger. Et le web a confirmé toutes ses inquiétudes. Juan a par exemple eu la nette impression qu'Isabel pourrait souscrire sans mal aux propos d'une certaine Mimi256 qui confiait: «C'est vrai qu'il est un peu jeune, mais j'en ferais bien mon quatre heures...!» Et les jours suivants, Isabel en a copieusement rajouté en se repassant sans arrêt d'un air ému Nutini à Taratata sur Youtube (*), «parce qu'en live c'est tellement plus fort».Juan a donc décidé qu'il était temps d'aller affronter l'ennemi.
En le (re)découvrant sur Youtube, il a cru défaillir de rage: c'est qu'il avait presque oublié à quel point ce petit salaud pouvait être convaincant avec sa voix brisée et sa bouche à bouffer du praliné! Juan est allé se servir un Single Malt pour ne pas flancher. Puis il s'est mis à faire les cents pas en méditant au meilleur moyen de flinguer P.N.
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